Biennale de Venise : La Guinée fait de la culture sa « première langue » diplomatique
La Guinée ne s’est pas contentée d’exposer à Venise. Elle y a accosté avec une ambition : imposer sa culture comme outil de souveraineté et d’avenir.
« Là où l’avenir semble s’affaisser, la Guinée défriche des sentiers », a lancé le commissaire général lors de l’inauguration. Le verbe « défricher » n’est pas anodin. Il dit l’intention d’un pays qui refuse d’attendre qu’on lui ouvre la voie. Ce qui devait être le thème d’une exposition est devenu une devise nationale. « Je crois ce soir qu’elle nous dépasse. Qu’elle restera. Comme une manière guinéenne d’habiter le siècle. »
Mais Venise n’est qu’un point de départ. Le pavillon guinéen se veut une promesse politique. « Ce pavillon n’est pas une fin. Il est une promesse et les promesses obligent ceux qui les font. À partir de demain matin, notre travail commence. Bâtir, en Guinée, l’écosystème qui permettra à la prochaine génération de n’avoir plus à attendre une biennale pour exister », a insisté le commissaire.
L’objectif affiché : faire vivre les musées, centres d’art et institutions culturelles du pays avec une création audacieuse, ancrée localement mais tournée vers le monde. Une politique pensée pour les artistes d’aujourd’hui et « ceux qui ne sont pas encore nés ».
En s’invitant à la Biennale, la Guinée a parlé sa « première langue » : la culture. Non pas en simple invitée, mais en actrice de la création contemporaine.
« À Venise, on arrive toujours par l’eau. La Guinée vient d’accoster », a conclu le discours. Plus qu’un pavillon, c’est une nouvelle posture que le pays inaugure : celle d’une nation qui assume sa voix dans le concert culturel mondial.
La rédaction



