À la recherche d’un travail ou d’un passage vers l’Occident, de nombreux jeunes Guinéens quittent le pays. Pour certains, le rêve d’une vie meilleure vire au drame.
Selon des informations du quotidien en ligne Guinée News, des réseaux criminels opérant au Mali, en Côte d’Ivoire et en Sierra Leone appâteraient de jeunes ressortissants guinéens, les séquestreraient, puis exigeraient de lourdes rançons à leurs familles restées au pays.
Tout démarre sur les réseaux sociaux. Des jeunes, motivés à l’idée de quitter la Guinée, sont contactés par des « connaissances », des amis ou des intermédiaires.
Photos de belles voitures, vidéos de villas, témoignages : tout est mis en scène pour vendre une fausse opportunité à l’étranger.
Une fois arrivés à destination, le scénario bascule. Au lieu du travail promis, les victimes seraient conduites dans des maisons isolées, coupées du monde.
Les ravisseurs envoient ensuite aux familles des images choc : jeunes ligotés, visages tuméfiés, messages vocaux avec voix déformées. Le but : faire pression pour obtenir de l’argent rapidement.
Le témoignage de M. Baldé est glaçant. Il dit avoir versé plus de 30 millions GNF pour tenter de libérer un jeune qu’il a élevé.
« Il est parti sans me prévenir. Une semaine après il m’appelle du Niger pour demander de l’aide. 3 jours plus tard, on m’envoie une photo de lui à terre, ligoté. Avec un numéro de la Libye, on me dit : _’Papa, aidez-moi, je vais mourir !’ Ils m’ont donné 24h pour payer sinon ils le tuent », raconte-t-il dans les colonnes de Guinée News.
Transferts après transferts, vers différents numéros, la famille s’est retrouvée à débourser plus de 30 millions.
Les enquêteurs évoquent un système qui se reproduit. Après plusieurs paiements, certains jeunes seraient « recyclés ».
Il leur serait demandé environ 3 versements de 600 000 FCFA. Une fois « libérés », ils deviendraient à leur tour chargés de piéger de nouvelles recrues. La victime d’hier devient le recruteur d’aujourd’hui.
À Korhogo, en Côte d’Ivoire, la police a déjà frappé.
En juillet, Keita Mamadou Guèye a été interpellé et condamné à 1 an ferme pour escroquerie.
Le 8 septembre, Camara Aboubacar et Mamadou Saidou Diallo ont aussi écopé d’un an de prison pour escroquerie et coups et blessures.
Selon les sources, l’aide de certains Guinéens de la diaspora à Korhogo aurait permis ces interpellations.
Derrière chaque rançon, il y a une famille qui vend ses biens, s’endette et épuise ses économies.
La mise en garde est claire : une simple promesse vue sur les réseaux peut se transformer en séquestration, chantage et ruine.
La rédaction

